Des sertões au sertão - Voyageurs français de la deuxième moitié du XIXe siècle
Numéro 11: Visions du Sertão
Résumé
Le terme de sertão a connu une application générale aux terres intérieures du Brésil avant de désigner, pour Euclides da Cunha, une part spécifique des terres nordestines. Son emploi plus ou moins répandu chez les voyageurs français de la deuxième moitié du XIXe siècle, ainsi que le sens qu'ils lui donnent, est significatif de la perception que chacun développe de l'espace brésilien. Au-delà des différences qui semblent ainsi les séparer, tous se rejoignent dans une même vision du territoire brésilien comme un ensemble dont ils cherchent avant tout l'unité. Leur démarche s'éloigne ainsi résolument de l'isolement d'une région auquel procède Euclides da Cunha pour mieux l’étudier.
Resumo
A palavra ‘sertão’ foi usada para designar as terras do interior brasileiro de maneira geral, antes do seu uso particular por Euclides da Cunha. Os viajantes franceses da segunda metade do século XIX não a usam todos, nem com o mesmo sentido : o seu uso – ou não – é sintomático da percepção do espaço brasileiro desenvolvida por cada um. Além das diferenças que parecem assim separá-los, todos comungam de uma mesma visão do território brasileiro como um todo, cuja unidade procuram. Assim a sua visão se opõe à de Euclides da Cunha, a de isolar uma região para melhor descrevê-la.
Abstract
The word sertão was at first used on a general way, refered to the hinterlands of Brazil, before being restricted, by Euclides da Cunha, to a singular part of the Nordeste region. Not all the french travellers of 1840-1900 use it in the same sense. This use shows the perception that each one of them develops of the Brazilian space. Beyond the diferences that seem to separate them, all these travellers join in the same vision of the Brazilian territory as a whole, emphasising the unity of the country. Their vision of Brazil is, in this sense, the opposite of the Euclides da Cunha approach, that of dividing a certain area to describe it better.
A propos de l'auteur:
Clotilde Gadenne a soutenu en 2012 une thèse de doctorat intitulée « Le Chemin de la Civilisation : réflexions autour de la perception des Indiens du Brésil par les voyageurs français (1843-1906) » sous la direction d'Idelette Muzart-Fonseca dos Santos. Elle a, entre autres, publié « L'altérité niée. Indiens du Brésil et voyageurs français au XIXe siècle », RITA n°3 : avril 2010 (en ligne http://www.revue-rita.com/content/view/75/151/. Ainsi que « L'Amazonie des voyageurs français (1840-1900) : un regard sur le concept de sauvagerie », PLURAL-PLURIEL n°9 : automne-hiver 2011 (en ligne http://www.pluralpluriel.org).
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