ASSUMPÇÃO, Leilah (Botucatu, Brésil, 1943), auteure dramatique
Des personnages féminins denses et significatifs, affrontant des conflits existentiels et sociaux, sont au cœur des pièces écrites par Maria de Lourdes Torres de Assunção. Ils lui permettent d’aborder des thèmes comme l’avortement, la liberté sexuelle et les différentes formes de pouvoir et de répression sociale.
Fille d’enseignants, Leilah commence à écrire très jeune de courtes pièces destinées à être représentées par la famille. Elle termine en 1964 sa formation de pédagogue mais elle suit déjà des cours de théâtre avec Renata Pallottini* et Eugenio Kusnet.
En 1969, sa première pièce, Fala baixo senão eu grito [Parle bas sinon je hurle], est montée avec Marília Pêra* dans le rôle d’une fonctionnaire publique, célibataire, vierge et frustrée, qui se découvre des aspirations libertaires lorsqu’un voleur envahit sa petite chambre. Cette pièce, mise en scène par Clóvis Bueno, est un grand succès, récompensé par un Prix Molière, prix créé par Air France et l’Association des Critiques d’Art de São Paulo (APCA). Ce succès se répète à chaque montage de la pièce, au Brésil ou à l’étranger, et demeure le chef d’œuvre de Leilah Assumpção.
En 1971, sa deuxième pièce, Jorginho, o machão, n’est pas aussi bien reçue par la critique et le public que la première. Si le rôle titre n’y est pas féminin, la pièce thématise l’univers de subjectivité et de répression vécues par la femme, par le biais du protagoniste et de sa famille : père, mère, fiancée et amante.
D’autres textes sont censurés par le gouvernement militaire brésilien, tel que Amanhã, Amélia, de manhã, interdit en 1973, qui dans un nouveau montage, en 1975, reçoit un nouveau titre, Roda cor de roda, et une mise en scène percutante qui met en évidence l’observation soigneuse de l’univers féminin.
Une autre pièce clairement autobiographique, Veja um Vulto na Janela, Me Acudam que Eu Sou Donzela, qui relate la vie dans un pensionnat féminin, est censurée en 1969 et ne sera montée que dix ans plus tard, avant de se transformer en film, sous la direction de Maria Letícia, sous le titre Brasil, primeiro de abril.
Manifestant un humour corrosif dans des récits réalistes et simples de la vie quotidienne, Leilah Assumpção écrit A Kuka de Kamaiorá (1975), Sobrevividos (1976); Use Pó de Arroz Bijou, 1968, Seda Pura e Alfinetadas (1981), ces dernières pièces décrivant l’univers de la mode, découvert lors d’une brève carrière de mannequin. En 1984, elle aborde, avec Boca Molhada de Paixão Calada, le récit de la période de répression politique par la voix d’un couple qui se retrouve après une longue séparation. Dans ses dernières pièces, Adorável Desgraçada (1994) et O Momento de Mariana Martins (1999), elle revient à l’univers féminin et à ses angoisses.
Leilah Assumpção écrit, en collaboration avec Daniel Más, pour la télévision. Elle y exerce, comme au théâtre, son style critique et ironique, en créant des intrigues de grande densité subjective et sociale, à partir de situations simples.
Pièce Adorável Desgraçada :
Ref. ASSUMPÇÃO, Leilah, Na palma da minha mão, Rio de Janeiro, Globo, 1998; BARROS, Alcides João de, “A Situação Social da Mulher no Teatro de Consuelo de Castro e Leilah Assunção”, Latin American Theatre Review 9: 2, spring 1976; PACE, Eliana, Leilah Assumpção – A Consciência da Mulher, São Paulo, Imprensa Oficial do Estado, 2007.
(AGD-IMFS)