Numéro 1: comptes rendus - Ode a Ariano Suassuna
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Ode a Ariano Suassuna
Maria Aparecida Lopes Nogueira (org.), Ode a Ariano Suassuna : celebrações dos 80 anos do autor na Universidade Federal de Pernambuco, prefácio do Reitor Amaro Lins, Recife : Editora Universitária da UFPE, 2007, 176 p. ill.
L’ouvrage organisé par Maria Aparecida Lopes Nogueira est un hommage et une ‘célébration’ autant qu’une publication destinée à un public de chercheurs. Parmi les auteurs, le cinéaste Luiz Fernando Carvalho, « Acauã e seu Rei-Palhaço », est à l’honneur : il est le directeur du film A Pedra do Reino, que la chaîne de télévision Globo diffusa, en juin 2007, et qui occupa une place importante au cours de cette année Suassuna que fut l’année 2007. A ses côtés Bráulio Tavares, « A Onça do Mundo », lui aussi lié au film dont il écrivit le scénario, avec le cinéaste, mais aussi un excellent, et de très longue date, connaisseur de l’œuvre de Ariano Suassuna, sur lequel il publie également un ABC de Ariano Suassuna (Rio de Janeiro : José Olympio, 2007), et un autre cinéaste, Douglas Machado, « O Sertãomundo de Suassuna », reprenant le titre du documentaire qu’il dirigea sur la vie et l’œuvre de l’auteur. Le texte se limite à quelques pages transcrites du film, incluant des témoignages de Ariano. De même, le texte de Eleuda de Carvalho, « Ariano Suassuna, Zélia e o pessoal do Ceará », n’est guère plus qu’une présentation d’œuvres graphiques et poétiques des artistes ‘armorialistes’ du Ceará, Socorro Torquato et Virgílio Maia. On peut le regretter car Eleuda de Carvalho est une des rares journalistes à avoir réussi plusieurs excellentes entrevues de Ariano Suassuna, qui auraient certainement enrichi cette publication en y gagnant quelque pérénité : l’homme s’y livre et l’écrivain y évoque son œuvre avec la sincérité et la confiance de celui qui parle à qui sait questionner, écouter et comprendre.
Les autres textes sont dus à des universitaires, lecteurs, critiques et analystes d’une œuvre connue et partagée depuis des décennies : c’est le cas de Maria Thereza Didier, qui signe ici avec Lúcia Falcão, un article intitulé « Do Amor e da Esperança em Ariano Suassuna » ; de Lourival Holanda, avec son « Ariano Suassuna, Cavaleiro Andante da Cultura Brasileira » ; d’Idelette Muzart – Fonseca dos Santos, avec une reprise de l’analyse de sa traduction en français du Romance d’A Pedra do Reino, intitulée « De Pedras em Pedras : O Reino Poético de Ariano Suassuna, do Brasil para o mundo » ; ainsi que de Carlos Newton Júnior qui, après avoir étudié et compris la poésie et l’œuvre de fiction, s’attache à « O Auto da Compadecida e suas Circunstâncias », où il révèle l’origine cachée de la femme du boulanger, personnage créé par Suassuna en reprise lointaine du personnage de Jean Giono, transformé et magnifié par le film de Marcel Pagnol qui eut une excellente réception au Brésil. Le dernier texte est une analyse très bien venue d’une des principales œuvres théâtrales de Suassuna, encore insuffisamment étudiée : sous le titre de « Ariano Suassuna, Joculator Dei : A Farsa da Boa Preguiça e o Exercício Renovador da Tradição Teatral », Ricardo Bigi de Aquino permet de remettre le lecteur sur le chemin du théâtre, fondateur et essentiel dans l’œuvre protéiforme de Ariano Suassuna.
Même si le critique reste un peu sur sa faim, on peut féliciter l’initiative et admirer la superbe gravure de Gilvan Samico, compagnon d’art et d’amitié de Ariano Suassuna, qui orne la couverture de l’ouvrage.
Idelette Muzart – Fonseca dos Santos
Université Paris Ouest Nanterre La Défense / CRILUS


