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MONTENEGRO Fernanda (Rio de Janeiro (Brésil) 1929), comédienne brésilienne.

 

Associant un « visage de caoutchouc », capable de s’adapter aux caractéristiques de tout personnage, un talent artistique rare et un engagement personnel courageux de citoyenne, Fernanda Montenegro est reconnue aujourd’hui comme l’une des plus importantes personnalités du théâtre brésilien.

 

Arlette Pinheiro Esteves da Silva commence à travailler à 15 ans comme présentatrice et actrice de radio-théâtre à la Radio MEC, appartenant au Ministère de l’Education et de la Culture. Selon l’actrice, “la Radio MEC fut l’université que je n’avais pas fréquentée, un investissement dans l’apprentissage de la radiophonie et surtout une véritable éducation culturelle”. Après des débuts dans un groupe de théâtre amateur, elle participe professionnellement à la pièce Alegres Canções nas Montanhas [Altitude 3200], de Julien Luchaire, sous la direction d’Esther Leão*, en 1950. Elle y rencontre l’acteur Fernando Torres qu’elle épouse en 1953.

 

Fernanda Montenegro entre en 1952 dans la Compagnie Os Artistas Unidos, de l’actrice Henriette Morineau*. Elle monte en 1954 sur les planches du Théâtre Maria Della Costa*, le TMDC. L’année suivante, son interprétation dans A Moratória, de Jorge Andrade, reçoit le Prix Saci du journal O Estado de São Paulo. De 1956 à 1958, elle est au Théâtre brésilien de Comédie, le TBC, avec Divórcio para Três, [Divorçons!] de Victorien Sardou, sous la direction de Ziembinski et d’autres spectacles qui lui valent prix et succès public.

 

En 1959, Fernanda Montenegro fonde la Compagnie Théâtre des Sept, avec Fernando Torres, Sergio Britto, Ítalo Rossi et Gianni Ratto, où elle joue jusqu’en 1965 et reçoit divers prix dont celui de l’Association Brésilienne des Critiques de Théâtre, la prestigieuse ABCT. Ses rôles dans A Mulher de Todos Nós [La Parisienne] de Henri Becque, en 1966, et dans O Homem do Princípio ao Fim, de Millôr Fernandes, en 1967, lui valent le Prix Molière.

 

Dans les années 70 et 80, elle joue dans plusieurs pièces du répertoire international (Samuel Beckett, Georges Feydeau et Eugene O'Neill), montées au Brésil par de prestigieux metteurs en scène, tels que Ivan de Albuquerque et Augusto Boal. Elle est très remarquée dans As Lágrimas Amargas de Petra von Kant [Les Larmes amères de Petra von Kant], de Fassbinder, en 1982, et Dona Doida, Um Interlúdio, à partir de textes d’Adélia Prado, en 1987. Elle participe aussi, en 1993, aux côtés de sa fille Fernanda Torres, au polémique The Flash and Crash Days - Tempestade e Fúria, de Gerald Thomas dans une scénographie de Daniela Thomas*.

 

A la télévision, Fernanda a participé à des programmes dès le début des années 50, mais c’est à partir de la fin des années 70, avec sa présence dans de nombreuses telenovelas, qu’elle devient également une figure marquante de la télévision, pour la critique spécialisée autant que pour le public.

 

Au cinéma, où elle joue depuis 1964, elle connaît aussi quelques très grands succès, dans Eles Não Usam Black Tie, du réalisateur brésilien Léon Hirszman (1980), Lion d’Or au Festival de Venise, ou Central do Brasil (1998), de Walter Salles Junior. Elle reçoit un prix au Festival du Film de Berlin et une indication aux Academy Awards (Oscar de Hollywood).

 

Invitée à deux reprises, dans les années 80 et 90, par deux présidents de la République à assumer le Ministère de la Culture, elle a refusé car « [sa] vocation est la scène ».

 

Galerie de photos

 

Fernanda Montenegro, 80 anos

 

 

 

Ref : www.itaucultural.org.br ;   www2.uol.com.br/fernandamontenegro/ ;  MONTENEGRO, Fernanda, Fernanda Encena : retrospectiva 50 anos, Rio de Janeiro, MAM, 1999 ; BRITTO, Sérgio. Fábrica de ilusão: 50 anos de teatro. Rio de Janeiro: Funarte, 1996 ; RITO, Lúcia, Fernanda Montenegro em o exercício da paixão, Rio de Janeiro, Editora Rocco, 1990.

 

(AVP-IMFS)