FERREIRA Bibi (Rio de Janeiro, Brasil, 1922), comédienne, metteure en scène, chanteuse, danseuse, musicienne, compositrice, productrice brésilienne.
Abigail Izquierdo Ferreira, Bibi, quoique carioca de naissance, eut l’espagnol comme langue maternelle. Elle suit sa mère, Aida Izquierdo, de la Compagnie Velasco, qui parcourt l’Amérique Latine toute entière : Bibi y découvre la musique, elle chante et danse le flamenco et participe, comme d’autres enfants de la troupe, à des défis chantés. Quant à la langue portugaise et à sa passion de l’opéra, elle l’apprend avec son père, le grand acteur Procópio Ferreira. Bibi est réellement une “enfant de la balle” : l’arrière-grand-père était chanteur lyrique, les grands parents travaillaient dans un cirque et sa mère était danseuse et chanteuse. Elle ‘entre’ en scène âgée de 24 jours à peine, dans les bras de sa marraine, car la poupée qui devait participer au spectacle restait introuvable. A 3 ans, elle participe aux spectacles de la Compagnie, elle y chante et danse des zarzuelas, et le public enthousiaste la désigne comme "la niña de Velasco".
Quelques années plus tard, Bibi entre au Corps de Ballet du Théâtre Municipal de Rio de Janeiro où elle restera jusqu’à intégrer la Compagnie fondée par son père. Elle connaît aussi les difficultés inhérentes à la profession : un collège traditionnel refuse d’inscrire cette fille d’acteurs. Elle étudie donc au Collège Anglo-Américain et perfectionne ses études de danse à Buenos Aires, au Théâtre Colón.
Bibi Ferreira voulait étudier la musique mais, le 28 février 1941, à l8 ans, elle joue pour la première fois et comme professionnelle le rôle de Mirandolina, dans la pièce La Locandiera de Goldoni. Et elle ne s’arrêtera plus. Après avoir joué dans de très nombreuses pièces avec la Compagnie Procópio Ferreira, elle fonde, à 23 ans, sa propre compagnie théâtrale, qui comptera dans ses rangs de très grandes actrices, comme Cacilda Becker*, Maria Della Costa* et Henriette Morineau*. Le succès semble l’accompagner dans une série d’interprétations marquantes qui vont des classiques du théâtre aux spectacles musicaux, tant au Brésil qu’à l’étranger. Elle est une artiste complète qui chante en plusieurs langues, danse, joue du piano et du violon, compose et met en scène ses spectacles avec compétence et brio.
A la télévision, elle dirige différents programmes et reçoit plusieurs prix. Elle est ainsi la présentatrice du premier programme brésilien transmis via satellite, en direct de Los Angeles, à l’occasion de la remise des Oscars en 1972.
Les spectacles musicaux représentent une part importante de ses rôles : My Fair Lady, Alô Dolly et O Homem de la Mancha (L’Homme de la Manche], Gota d’Água, de Chico Buarque et Paulo Pontes, où elle atteint des sommets, comme dans Piaf, a vida de uma estrela da canção [Piaf, vie d’une étoile de la chanson], spectacle qu’elle présenta dans tout le Brésil et à l’étranger. En 1991, Bibi in Concert est présenté au Théâtre João Caetano et au Canecão, de Rio de Janeiro. Dans Bibi in Concert II (1994), elle révèle son talent de ‘entertainer’, capable de divertir le public ; elle mélange avec bonheur le classique au populaire, des musiques inédites de Caetano Veloso avec Heckel Tavares, Cazuza, Ari Barroso et même Bizet et Verdi. Un autre récital Bibi canta e conta Piaf [Bibi chante et raconte Piaf] (1995) devient un grand succès au Brésil et elle le présente à Paris en mai 2000. Enfin, elle commémore ses 60 ans de carrière, en présentant à Rio en juin 2001 un spectacle musical, Bibi vive Amália [Bibi vit Amália Rodrigues], devenu une référence dans une carrière pourtant bien remplie : sa performance musicale transporta le public brésilien comme le portugais.
Le premier spectacle mis en scène par Bibi Ferreira fut la pièce Divórcio [Divorce](de 1948), dans laquelle elle jouait également avec son père. Au Portugal, elle dirige Maria Della Costa* dans Society em baby - doll, de Pongetti. Meno male, de Juca de Oliveira, Na sauna, avec Maitê Proença, une comédie anglaise Não explica que complica, avec Silvia Bandeira et Rubens de Falco : la liste de ses mises en scène à succès est interminable. Dans les années 90, outre ses propres spectacles, elle met en scène Sua excelência, o candidato, avec Fúlvio Stefanini, Na bagunça do meu coração, Roque Santeiro et deux opéras Carmen et Rigoletto. Tango, bolero e cha cha cha, Letti e Lotte e Conduzindo Miss Daisy sont parmi ses travaux les plus récents. Maria Bethânia et Ítalo Rossi, Elizeth Cardoso et Baden Powell, Clara Nunes et Paulo Gracindo, Walmor Chagas, Marília Pera*, Marco Nanini, Nathalia Timberg et Rosamaria Murtinho sont quelques uns des grands noms du théâtre et de la chanson brésilienne qu’elle a dirigé.
Elle reçoit en 1996 du monde artistique l’hommage d’un Prix Sharp de Théâtre, consacrant l’Année Bibi Ferreira.
Bibi est une femme méthodique qui vit sainement. A plus de 80 ans, elle peut exhiber des qualités vocales exceptionnelles et une vigueur remarquable. Née pour la scène, elle y est chez elle. Sa carrière artistique, toujours menée avec professionnalisme, englobe toutes les étapes de la production et de la création. Exigeante et détailliste, Bibi manifeste son humour dans le personnage de Claudina, créé il y a plus de 40 ans mais qu’elle ne montre qu’aux amis intimes.
Telle est Bibi Ferreira, un talent complet et une vie entièrement consacrée à l’art de la scène.
Spécial:
Réf. www.itaucultural.com.br; www.wikipédia.com; ALBUQUERQUE, Johana. Enciclopédia do Teatro Brasileiro Contemporâneo. Material elaborado em projeto de pesquisa para Fundação VITAE. São Paulo, 2000 ; FERREIRA, Bibi. Rio de Janeiro: Funarte / Cedoc. Dossiê Personalidades Artes Cênicas. Extraído do livro "Procópio Ferreira - O mágico da expressão" de Jalusa Barcellos.
(FA-IMFS)






